FYRE : le superbe festival… qui n’a jamais eu lieu – Documentaire

 

 

Ce n’est pas tant pour sa réalisation ni pour ses images que ce documentaire mérite le détour, mais pour son coup de projecteur sur un événement qui cristallise les travers d’une époque.

C’est un phénomène qui ré-apparait régulièrement sous différentes formes, lié au comportement humain mais accentué jusqu’à son paroxysme avec l’arrivée d’internet, il y a environ deux décennies. Il s’est alors manifesté de façon spectaculaire au travers de la bulle internet du début du 20ème siècle, puis s’est répandu et banalisé avec les réseaux sociaux, et le festival Fyre en est un superbe exemple…

Ce phénomène, c’est au départ quelque chose d’assez insignifiant, qui ne mérite aucune attention particulière. Puis une bulle se forme dessus et va commencer à enfler, enfler jusqu’à devenir énorme… Une bulle d’illusion. Ceux qui soufflent dedans, comme des souffleurs de verre, ont intérêt à la voir se dilater au maximum pour en tirer des profits. Peu importe l’ampleur des dégâts au moment de l’éclatement de la bulle. C’est le principe. Et pour souffler dans la bulle, il faut jouer sur une émotion humaine que l’on va pousser au vice, l’avidité.

Avidité : « Désir immodéré de dévorer ou de posséder quelque chose » (Larousse)

 

 

Le festival Fyre, c’est l’illustration parfaite de l’avidité qui brûle, consume, détruit. Elle aveugle autant les organisateurs – l’entrepreneur Billy McFarland et le rappeur Ja Rule – que tous les clients qui vont mordre à l’hameçon. Un bel hameçon qui est minutieusement étudié pour exciter l’avidité des poissons, ou plutôt des pigeons qui vont y laisser des plumes.

Fyre, c’est une bulle qui a éclaté avant même que ses créateurs aient pu en profiter. De l’image, de l’illusion, du buzz, du vide… Un vide abyssal. Fyre a été vendu comme un rendez-vous d’exception sur une île privée des Bahamas, avec de magnifiques top models en bikini, des artistes de renom et des logements de luxe sur la plage. Des influenceuses payées des fortunes pour, en un seul post, exciter les foules.

Mais une fois sur place, les festivaliers qui devaient arriver en jets privés ont vite déchanté : le rêve qu’on leur avait vendu n’était justement que du rêve. Et le séjour a viré au cauchemar.

C’est fascinant. Les arcanes du royaume du bluff. Des milliers de victimes attirées par tout ce qui brille comme des moustiques attirés par la lumière. Et beaucoup de pauvres gens qui ont travaillé dur et ne seront jamais payés. Beaucoup de dégâts collatéraux inestimables dont Billy McFarland ne semble pas se soucier.

 

Chris Smith, le réalisateur du documentaire primé aux Emmys Jim et Andy, livre aux spectateurs les dessous du fiasco de Fyre, raconté par les organisateurs eux-mêmes.

 

 

 

À voir sur Netflix (sous-titré en français)

 

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